13:11
Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Romains en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre treizième semaine et nous allons réfléchir ensemble sur le chapitre douze en cinq étapes. Ce chapitre, un texte clé de la Bible, introduit une nouvelle section de la lettre aux Romains.
Vous vous souvenez peut-être qu'en parcourant ce livre, nous avons découvert qu’il change l'histoire des nations, qu’il change l'histoire des familles, et qu’il peut aussi changer notre histoire personnelle. Nous avons vu que les chapitres 1.18 à 3.20 nous aident à comprendre comment le changement se produit. L'histoire change lorsque je comprends la vérité, la vérité sur le péché. C'est la vérité que je dois absolument comprendre et accepter pour que l'histoire change dans ma propre vie. Ensuite, les chapitres 3.21 à 5.21 nous disent comment comprendre la vérité sur le salut pour qu'un véritable changement se produise, un changement historique dans le monde comme et dans notre vie. Les chapitres 6 à 8 parlent dans le détail de la vérité sur la sanctification. Comprendre la sanctification nous permet de changer pour vivre plus proche de Dieu et mieux le servir. Les chapitres 9 à 11, que nous avons parcourus ces dernières semaines, parlent de la vérité sur la souveraineté de Dieu, qui maintient le monde entier sous son contrôle. Lorsque nous avons une meilleure connaissance de ces réalités, nous devenons de plus en plus conscients que Dieu agit réellement dans l’histoire de l’humanité, comme dans notre propre vie.
La dernière section de la lettre aux Romains, les chapitres 12.1 à 16.27, traite, de manière très pratique de la vérité sur le service. Si je veux voir un changement se produire dans ma vie et à travers ma vie, je dois comprendre la réalité du service : c’est en servant les autres que je sers Dieu. Les deux premiers versets du chapitre 12 de la lettre aux Romains sont d’une telle importance que nous allons y consacrer deux méditations, celle d’aujourd’hui et celle de demain. Lisons donc ensemble ce passage : « Je vous encourage donc, frères et sœurs, par les compassions de Dieu, à offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. Ce sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »
Le mot ‘donc’ au début de ce passage est important ! Il fait le lien avec tout ce que Paul vient de dire aux chapitres précédents. Chaque fois que nous lisons ce mot dans la Bible, demandons-nous : « À quoi sert-il ? Pourquoi apparaît-il maintenant ? » Il renvoie en fait toujours à tout ce qui a été dit auparavant. Ce dont Paul a parlé concerne tous les lecteurs et les implique : « Je vous encourage donc, frères et sœurs, par les compassions de Dieu, à offrir votre corps comme un sacrifice vivant. »
Tout ce que Paul a dit aux chapitres 9 à 11 a des conséquences pratiques dans la vie des croyants. C’est pourquoi il est nécessaire de comprendre l’œuvre de Dieu dans l’histoire, de bien assimiler son plan pour l’humanité, son projet pour les Juifs comme les non-Juifs, même et surtout si l’enseignement de Paul sur le plan de Dieu est difficile à comprendre. Paul n’adopte pas le ton magistral d’un professeur, mais le ton pastoral qui exhorte les croyants : « Je vous encourage donc », dit-il. Ce qu’il nous enseigne est difficile à comprendre, mais il est important d’y réfléchir profondément, car cela va affermir notre foi en Dieu et nous permettre de faire totalement confiance à Dieu dans notre vie quotidienne. Bien plus, ce que nous apprenons nous conduit à la véritable adoration, l’adoration spirituelle, l’adoration réelle et authentique. L’adoration nous permet d’être en relation avec Dieu grâce à l’œuvre de son Esprit en nous. Qu’est-ce qui rend l’adoration spirituelle ? Qu'est-ce qui la rend réelle ? Nous allons en parler au cours des prochains jours.
Tout d’abord, comment Paul peut-il encourager les croyants romains « par les compassions de Dieu » ? Que veut-il dire ? En fait, après tout ce que l’apôtre vient de dire sur les multiples expressions de la compassion, c’est-à-dire de la bonté, de la miséricorde de Dieu envers nous, Paul sait que ses lecteurs et lui-même ne pourront jamais offrir de culte véritable à Dieu, ne pourront jamais se donner à lui sans son aide, sans son secours. C’est grâce à ses multiples actes de bonté envers nous que nous pouvons nous approcher de lui, le servir et devenir meilleurs. Nous pouvons constater les bontés de Dieu dans la vie de notre famille, de nos amis, mais aussi dans notre propre vie. Nous la voyons se manifester par sa patience envers nous et par son pardon. Sans les bontés de Dieu, nous ne pourrions pas l’adorer et le servir. Ne l’oublions jamais. Le prophète Jérémie, dans le livre des Lamentations, au chapitre 3 et versets 22-23 l’exprime ainsi : « Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne prennent pas fin; elles se renouvellent chaque matin. Que ta fidélité est grande ! »
Le pasteur et théologien John Stott disait à ce propos : « Qu’y a-t-il de plus motivant pour vivre une vie sainte que de contempler les bontés de Dieu ? » La contemplation nous conduit tout droit à l’action, celle d’offrir notre corps comme sacrifice vivant. L'adoration et le sacrifice sont étroitement liés. Dans l'Ancien Testament, les sacrifices avaient lieu dans le Temple. Il s'agissait de sacrifier des animaux et beaucoup de sang était versé. Le sacrifice de Jésus a mis fin au système sacrificiel de l’Ancien Testament. Le sacrifice dont Paul parle est d’une tout autre nature. Ce sont nos corps que nous offrons en sacrifice vivant. Notre foi est concrète ; elle engage notre être entier, donc notre corps. Dans ce sens, la foi est ‘matérielle’. Notre corps appartient à Dieu autant que notre âme. La foi se manifeste concrètement dans notre vie quotidienne, dans nos pensées comme dans nos actions. Nous offrons notre corps à Dieu et nous lui offrons en même temps notre âme. Car les deux sont intimement liés. De notre vivant, l’un n’existe pas sans l’autre.
À l’époque de Paul, les Grecs considéraient le corps comme un fardeau, un obstacle à la contemplation. Pour Paul, au contraire, le corps a été créé comme instrument d’adoration. C’est avec notre corps que nous adorons Dieu et le servons. Jésus lui-même a pris la forme d’un homme incarné pour accomplir la volonté du Père et devenir le sacrifice parfait. C’est pourquoi nous sommes encouragés à offrir notre corps en sacrifice vivant. Il s’agit concrètement de servir Dieu à chaque instant de notre vie, de faire tout ce que nous pensons et faisons en privé, autour de nous, dans la société et dans l’Église pour la gloire de Dieu. Dans un sens, notre être entier est une offrande quotidienne qui ne connaît pas l’égoïsme. Il est complètement dédié à Dieu et refuse le compromis. Le sacrifice vivant, le don de soi de son vivant, n’est donc pas associé à la mort, au refus de vivre, mais à la vie que Dieu nous a donnée. Oui, nous sommes morts au péché, mais nous sommes vivants, et parce que nous appartenons à Dieu, parce que nous sommes saints, notre sacrifice lui-même est saint. La vie et le sacrifice vont de pair. Ce n'est que lorsque nous offrons notre vie à Dieu que nous vivons vraiment. Lorsque nous réfléchissons, lorsque nous faisons des projets, posons-nous toujours la question : « Est-ce que je pense, est-ce que ce à quoi je pense est agréable à Dieu ? » Avant d’agir, posons-nous toujours la question : « Est-ce que ce que je veux faire, est-ce que ce que je vais faire va plaire à Dieu ? » C’est ainsi que notre sacrifice vivant devient une offrande sainte, c’est-à-dire une offrande dépouillée de toute impureté, de tout sentiment égoïste, un sacrifice entièrement dédié à Dieu. Tout ce que je fais, je le fais pour Dieu, dans l’adoration. Je me donne complètement à Dieu. Voilà ce qui est agréable à Dieu !
Quel bonheur de pouvoir dire humblement : « Grâce aux bontés innombrables de Dieu, je peux lui offrir ma vie comme une offrande quotidienne et sainte. Grâce aux compassions de Dieu, ma vie entière lui est agréable ! » C’est une véritable déclaration de foi.
Cette vision de notre corps, que nous considérons comme une offrande dédiée exclusivement à Dieu, est à contre-courant de la conception que nos contemporains ont de leur corps. Beaucoup prennent soin de leur corps et de leur santé. Ils le font pour se ‘sentir bien dans leur peau’, selon l’expression populaire. Leur but est d’être en bonne forme, et de le rester autant que possible. Il n’y a bien sûr rien de mal à prendre soin de soi, mais si nous oublions que notre corps doit être offert à Dieu quotidiennement, nous négligeons l’essentiel. Beaucoup refusent de vieillir, pensant qu’après la vie sur terre il n’y a plus rien. Alors, pourvu que la santé dure, pourvu qu’on ne voit pas que nous vieillissons, mais on oublie que la joie de vivre n’a rien à voir avec notre apparence, et qu’elle se manifeste en nous dans toute sa plénitude lorsque nous offrons notre corps à Dieu.
Prions donc ensemble et disons : « Seigneur, merci pour ta présence dans notre vie. Et merci pour ta parole qui nous encourage et nous montre le chemin que nous devons suivre. Seigneur, je prie pour que tu aides chacun de nous à se souvenir de ta bonté. Permets que nous vivions en fixant les yeux sur notre avenir éternel en ta présence, car nos jours sont comptés sur cette terre. Aide-nous à être toujours prêts à donner le meilleur de nous-mêmes pour les autres. Nous ne pourrons jamais comparer ce que nous faisons à côté de ton sacrifice pour nous, mais merci, Seigneur, de nous accepter tels que nous sommes. Merci pour ta grâce, que tu nous permets de reconnaître et d’accepter. Les dures leçons que nous apprenons tout au long de notre vie contribuent à nous façonner pour devenir ce que tu veux que nous devenions. Nous t’en sommes si reconnaissants, et t’adorons toi notre seul Dieu, notre seul Père du ciel, au nom de Jésus le Sauveur, Amen. »
Rejoignez-nous demain. Nous allons poursuivre notre réflexion sur les deux premiers versets de ce magnifique chapitre de la lettre aux Romains.