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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Romains ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 11. Nous en sommes au quatrième jour de notre survol de ce chapitre, et nous étudierons ensemble les versets 22 à 32. Paul a commencé à nous parler de la vaste portée du plan de Dieu dans l'histoire humaine et dans notre propre histoire, en montrant que nous avons un rôle à jouer humblement. L’apôtre nous exhorte à rejeter tout sentiment d’orgueil qui nous ferait croire que nous ‘méritons’ le salut, ou que nous serions supérieurs à ceux qui n’ont pas cru au message de la bonne nouvelle, en particulier les Juifs qui se sont séparés de Dieu. L’image de la racine dont tout dépend nous aide à comprendre que les non-Juifs n’ont pas été greffés à l’olivier pour remplacer les Juifs non-croyants, mais que Juifs et non-Juifs peuvent faire partie de la famille de Dieu par la foi en Jésus-Christ selon le plan de Dieu qui se déroulera sans aucun doute au moment choisi par Dieu lui-même. C’est la foi, et la foi seule qui peut les unir en Christ. Les deux groupes ont le privilège d’être choisis par Dieu, mais il n’y a pas de quoi s’en vanter, car l’un n’est pas plus privilégié que l’autre.
Il reste à ce sujet un troisième aspect important à considérer. Les chrétiens doivent se souvenir à la fois de la bonté et de la sévérité de Dieu. Voici ce que Paul écrit aux versets 22 à 24 : « Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés et bonté envers toi, si tu demeures dans sa bonté; autrement, toi aussi tu seras retranché. Quant aux Israélites, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront greffés, car Dieu est puissant pour les greffer de nouveau. Si toi, tu as été coupé de l'olivier sauvage auquel tu appartenais par nature et greffé contrairement à ta nature sur l'olivier cultivé, à plus forte raison eux seront-ils greffés conformément à leur nature sur leur propre olivier. »
La bonté de Dieu va de pair avec sa sévérité. La bonté est en fait la compassion, la miséricorde de Dieu. Elle n’est pas du tout un signe de faiblesse. Au contraire, elle n’existe pas indépendamment de la sévérité. Si Dieu n’était que bonté, il ne tiendrait pas compte de sa justice ; s’il n’était que sévérité, personne ne pourrait l’approcher car lui seul est saint. C’est pourquoi nous devons considérer à la fois la bonté et la sévérité de Dieu. La sévérité révèle la nécessité de la foi, et la bonté révèle la possibilité de la foi.
Avouons pourtant que nous avons tous tendance à détester le mot ‘sévérité’ ! Nous gardons en tête l’image d’un père fouettard, d’un vieillard lointain qui nous observe, prêt à nous châtier au moindre faux geste, à lancer l’éclair du châtiment sur ses créatures infidèles. Le mot ‘sévérité’ est un terme fort qu’on associe au mot ‘punition’. On ne voit pas vraiment comment on peut l’associer au mot ‘bonté’ ! Mais nous devons comprendre qu’aux yeux de Dieu le mal est inacceptable, qu’il est une offense. Dieu est bon, mais nous ne pouvons pas profiter ni abuser de sa bonté. Quand nous pensons à Dieu, nous pensons au Dieu saint qui est au ciel, et nous nous rappelons que nous sommes sur la terre. Dieu n’accepte pas le compromis. Si nous acceptons sa bonté, nous n’avons pas à craindre sa sévérité, parce que nous l’acceptons dans l’humilité et la reconnaissance. D’ailleurs, la bonté de Dieu continue de se manifester envers ceux qui l’ont rejeté, particulièrement les Juifs qui n’ont pas cru en lui. Paul l’exprime ainsi aux versets 25 à 27 : « En effet, je ne veux pas, frères et sœurs, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous preniez pas pour des sages: une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement jusqu'à ce que l'ensemble des non-Juifs soit entré. Et ainsi tout Israël sera sauvé, comme le dit l’Écriture: ‘Le libérateur viendra de Sion et il écartera de Jacob les impiétés. Et telle sera mon alliance avec eux, lorsque j'enlèverai leurs péchés.’ »
Le message de Paul est clair : l’histoire ne s’arrête pas là, Dieu n’en a pas fini avec son peuple. Le prophète Zacharie, au chapitre 12 et verset 10 de son livre dit : « Alors je déverserai sur la famille de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont transpercé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. »
Celui qui a été percé, c'est Jésus. Des centaines d’années avant la venue du Messie, le prophète Zacharie dit de la part de Dieu ce qui va se passer. Israël s’est endurci pendant un temps et s’est détourné de Dieu. Mais lorsque l’ensemble des non-Juifs, lorsque tous ceux que Dieu a appelés auront rejoint la famille de Dieu, tout Israël sera sauvé. Paul ne parle pas de chaque individu, mais de la nation d’Israël dans son ensemble. Les Israélites auront toujours le choix de se tourner vers Dieu ou de rejeter la foi en Christ. Paul ne parle pas du passé, mais de ce qui va se passer. L’expression ‘tout Israël’ apparaît souvent dans la littérature juive. Elle ne signifie pas nécessairement ‘tous les Juifs sans exception’, mais Israël dans son ensemble. Dans son ensemble, le peuple juif va venir à la foi en Christ. C'est une excellente nouvelle. Cela se produira le jour où l’ensemble des non-Juifs que Dieu a choisis feront partie de son peuple. Combien seront-ils et quand cela se passera-t-il ? Nous n’en avons aucune idée ! Dieu ne le précise pas. Nous ne savons pas non plus pourquoi Dieu a toléré la rébellion d’Israël contre lui pendant si longtemps avant la venue de Jésus dans notre monde. Nous ne savons pas non plus pourquoi il faut attendre que l’ensemble des non-Juifs se tournent vers Dieu et se convertissent avant le retour des Juifs vers Dieu. Il ne nous a pas été donné de tout savoir sur le plan de Dieu, qui reste un grand mystère, mais nous avons confiance en Dieu. Tout Israël sera sauvé : non seulement, Dieu a le pouvoir de sauver son peuple, mais bien plus, Dieu veut rétablir Israël ! Qu’en est-il aujourd’hui, alors que nous attendons ardemment que tout Israël soit sauvé ? Eh bien, la réponse de Paul est honnête : ‘Le peuple juif est à la fois l'ennemi de Dieu, et il est profondément aimé par Dieu.’ Les versets 28 à 32 le confirment : « En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs ancêtres. En effet, les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables. De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que vous avez maintenant obtenu grâce à cause de leur désobéissance, de même ils ont maintenant désobéi afin d’obtenir eux aussi grâce à cause de la grâce qui vous a été faite, car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire grâce à tous. »
Quand Paul parle d'ennemis ‘à cause de vous’, il parle des ennemis de Dieu.
Il ne parle pas ici d'ennemis personnels ou d'animosité ; il parle vraiment des ennemis de Dieu. Pourquoi ? Parce que Dieu veut que la bonne nouvelle atteigne le monde entier. Tous ceux qui l’en empêchent, à cause de leur propre conflit intérieur, s'érigent en ennemis de Dieu. En fait, une grande foi émergera parmi le peuple juif. Mais d’où viendra-t-elle ? Certainement pas d’un non-Juif qui traiterait un Juif comme un ennemi ! Elle viendra de quelqu'un qui a assez d'amour pour parler aux Juifs comme aux non-Juifs de la foi qui est offerte à tout le monde. N’agissons pas comme si le peuple juif était définitivement rejeté, et que nous ne pourrions rien faire pour changer cela. Un jour les Juifs auront part à la bonté de Dieu. Bien sûr, cela ne sera pas automatique ! Leur retour à Dieu sera volontaire, il ne sera pas forcé ; c’est parce qu’ils auront foi en Jésus-Christ. C’est pourquoi, refuser d’annoncer l’Évangile aux Juifs parce qu’ils l’ont rejeté pendant longtemps serait faire preuve d’antisémitisme.
Le verset 32 de notre chapitre donne un bon aperçu du plan de Dieu : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire grâce à tous. » Juifs et non-Juifs sont à la même enseigne. Ils sont tous désobéissants. Les uns ne valent pas mieux que les autres. Croire que nous sommes suffisamment proches de Dieu pour aller au paradis est pure illusion. Nous devons en prendre conscience et devenir convaincus au contraire que nous avons tous besoin, Juifs comme non-Juifs, du Messie. Mais qu'est-ce qui empêche un individu ou une nation de recevoir la miséricorde de Dieu ? C'est souvent l’arrogance, cette attitude sûre d'elle-même qui nous fait dire : « Je n'ai pas besoin d'aide. Je peux m’en sortir tout seul. Je suis capable de gérer tous les problèmes de la vie par moi-même. Je n'ai pas vraiment besoin de Dieu. C'est bien de savoir qu'il est là pour les autres, mais je n'ai pas besoin de lui. » Quiconque adopte ce type d’attitude s’interdit de recevoir la bonté de Dieu. Et le plan de Dieu pour nous ne pourra jamais s’accomplir tant que nous n’aurons pas humblement confessé que nous avons besoin de recevoir sa bonté, qu’il veut pourtant nous donner.
Si je veux renoncer à mon orgueil, je dois me concentrer sur la bonté, la compassion de Dieu. Je propose donc que nous passions quelques instants à méditer sur la bonté de Dieu dans la prière. Disons simplement ceci à notre Père : « Seigneur, merci pour ta bonté envers nous, merci pour ton incroyable miséricorde. Je suis reconnaissant que tu m'aies pardonné et que tu m'aies montré ta compassion. Pardonne-moi chaque fois que j’oublie que je te dois tout. Je ne mérite pas ta bonté. Libère-moi je te prie du fardeau que je porte de vouloir mériter ce que je ne pourrai jamais mériter. Aide-moi au contraire à puiser dans ta grâce la joie de savoir que je fais partie de ton plan de salut, moi qui ne le mérite pas. Merci Seigneur pour ta bonté, merci Seigneur pour ta compassion, merci Seigneur pour ta miséricorde. Accepte ma prière au nom de Jésus, Amen.
Demain, nous terminerons notre étude méditative du chapitre 11 de la lettre de Paul aux Romains. Nous examinerons ensemble les versets 33 à 36 qui contiennent des paroles poignantes et vivifiantes !